Chérir, encourager, inclure la différence

La différence est souvent définie par un champ lexical négatif.

On parle d’atteinte, de souffrance, de limitation, de handicap, de problème, de difficultés, d’incapacités, on dit que la personne est affectée, entravée, gênée, on parle d’inconvénients, d’obstacles, d’infirmité, d’invalidité…

La différence nous demande souvent de faire l’effort d’adaptation.

L’inclusion est un idéal qui demande du temps, de l’énergie, des ressources humaines et financières. Elle demande aussi de la patience, engendre parfois des frustrations. Non ce n’est pas la voie la plus facile. Mais nous croyons fermement que le jeu en vaut la chandelle. Dans les conjonctures politiques et économiques actuelles, l’inclusion des enfants au cheminement atypique est menacée. Que ferons-nous de nos enfants. Le sort réservé à Bogdan peut-il être évité à la nouvelle génération?

Aux personnes qui arguent que les élèves «normaux» perdent du temps pour l’apprentissage des mathématiques et du français lorsqu’un élève autiste perturbe le cours, nous voulons répondre que l’apprentissage de l’empathie, du respect de la différence, de l’entraide et de la solidarité sont tout aussi importants. Aux «efficacistes» et aux fous des protocoles, nous offrons l’opportunité de témoigner de leur souplesse en ouvrant leur agenda aux nuances nécessaires à la réussite d’une inclusion. Aux convaincus qu’il n’y a qu’une voie pour réussir sa vie et que l’autisme est un fardeau, nous offrons l’arrogante preuve de l’audace, de l’instinct et du libre choix.

Les «différents» nous enrichissent, nous invitent à questionner l’ordre, les systèmes et les acquis, à reconsidérer nos réflexes, notre relation au temps et à l’essentiel.